Venu passer un mois dans l'île, j'y séjourne depuis au moins cinq semaines, sans vraiment savoir si je rejoindrai le monde des vivants. Tout peux m'arriver ici, désormais. Si je veux téléphoner, ils disent qu'il n'y a pas de ligne. Pour le bateau, il faut attendre que la mer soit moins agitée, et, quand elle sera calmée, ils trouveront autre chose. Quand, comment, où ai-je surpris leur premier mensonge ?
à Peu avant le lever du soleil, je m'aperçus qu'ils se dirigeaient tous vers les cent marches au même moment et sans que f-t donné aucun signal visible : il parut évident que c'était là que quelque chose allait se passer.
à Délie-Délira ne parle pas comme chacun de nous. À présent, je suis habitué à sa voix comme aux pénombres de sa chambre, à ses livres, à ses disques et à son cher univers horizontal et parfumé. Jamais je ne l'ai vue debout. Née dans les îles, elle ne peut vivre qu'à l'abri de la lumière.
à C'est au mois de juillet 1921, lors de mon voyage d'Angleterre en Égypte que j'ai vu de mes yeux pour la première fois un vol de Vanessa de l'espèce Belle-Dameà L'événement eut lieu en mer, à trente milles des côtes africainesà Les lépidoptères avançaient sur un front d'au moins cent kilomètres.
à On raconte bien ses rêves. Est-il plus difficile de raconter ce qu'on n'a pas rêvé ?
à Je voudrais être un conteur, c'est-à-dire celui qui n'invente rien.
Marc Gautier, le héros des Vols de Vanessa, prisonnier d'une île qui a toutes les apparences d'un piège tropical, s'enlise, peu à peu, dans une enquête dont les pistes multiples deviennent des jeux de miroirs ouverts sur l'impossible.
Le regard de Georges Walter se plaît à déceler, sous les trompe-l'oeil de notre monde, d'insoupçonnables relations. Quels liens unissent dans la même île des personnages tels que la trop belle Délie-Délira, Waldo le gardien du phare du Cyclope ou le vice-consul qui, entre deux parties de loto, devient le maître de cérémonie d'on ne sait
...
閱讀全文