Exemple même de l'écrivain malade et reclus, Marcel Proust semble avoir puisé dans ses difficultés de vie l'inspiration qui lui permit d'écrire son œuvre immense. Rien n'est pourtant plus simplificateur que cette formulation. Proust n'écrit pas parce qu'il est malade, ni pour se guerir de sa maladie. D'ailleurs celle-ci ne cesse de s'aggraver au fur et à mesure qu'il devient créateur. En fait, le désir d'écriture correspond à une nécessité bien plus consubstantielle, présente déjà dès ses jeunes années alors que sa santé n'était pas encore gravement altérée. Proust écrit pour guérir d'une blessure bien plus vive que les tourments suscités par la maladie, pour soigner une faille narcissique précoce jamais cicatrisée. Mais en vain, puisqu'il meurt une fois son cuvre achevee.
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