Un peu moins de trois cents Gallo-Romains ont appartenu aux deux ordres nobiliaires romains au cours du Haut-Empire, chevaliers pour les trois quarts, sénateurs pour le quart restant. La reconnaissance de cette appartenance est le résultat d’une application de critères d’origine géographique aux sénateurs et chevaliers romains présumés originaires de Gaule ou présumés tels à divers titres, qui a conduit à écarter, dans l’état actuel de la documentation, un nombre assez élevé de personnages considérés comme ayant appartenu à l’ordre sénatorial ou à l’ordre équestre pour des raisons individuelles ou un statut présumé de groupes. Il s’agit en ce cas d’une part de Gaulois assurés mais dont l’appartenance à l’un des deux ordres nobiliaires ne peut être qu’une erreur ou une trop fragile hypothèse, d’autre part de sénateurs ou de chevaliers parfaitement authentiques mais pour lesquels une origine de Gaule ne pose sur de fondements dépourvus de solidité ou qui ne suffisent pas à asseoir une conviction. Ces deux élites nobiliaires ont connu simultanément une triple évolution. Une évolution chronologique des effectifs connus: ils ont progressé de manière parallèle pour les sénateurs et les chevaliers jusqu’à la fin du 1er siècle, en laissant derrière eux les effectifs sénatoriaux et équestres des provinces hispaniques, africaines et micrasiatiques ; une baisse a commencé dans la seconde moitié du IIe siècle et s’est généralisée au IIIe siècle, plus rapidement et plus profondément, au moins en apparence, pour les sénateurs dont les effectifs connus furent, comme ceux des chevaliers, de plus en plus largement distancées par ceux des nobles d’Afrique et d’Asie Mineure. Cette évolution chronologique s’est accompagnée d’une évolution de la répartition géographique de ces primores. La Narbonnaise est présente dans la prosopographie sénatoriale et équestre dès la fin de la République, mais le premier chevalier connu des Trois Gaules date de l’époque augustéenne et la première attest
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