« Tout tourne » dans l’œuvre de Blaise Cendrars. Répétitions obsessionnelles, métamorphoses hallucinées, pertes d’équilibre, extases du corps et de l’esprit bousculent les conventions esthétiques et désorientent le lecteur. À travers ces motifs, et d’autres encore, Cendrars ne se contente pas de glorifier la modernité ou de lancer des invitations au voyage. Chez lui, le vertige est d’abord un trouble que l’écriture s’efforce de tenir à distance, avant d’en faire le cœur d’une poétique de la réinvention de soi. Au croisement des approches thématique, stylistique, biographique et philosophique, ce livre retrace la manière dont cette douloureuse appropriation contraint le poète, le romancier ou l’autobiographe à composer avec ses fragilités, ses contradictions et l’« inassouvissement pharamineux des désirs ».